Un candidat discret

Samedi, mauvais temps, juste assez pour me convaincre d’aller découvrir le candidat officiel LREM à la mairie de Gonesse.

Etre en avance m’a permis de voir la mise en place, l’équipe rapprochée, le soutien logistique de l’inconnu. Une demi-heure d’avance pour un candidat en retard d’autant, rien ne sert de courir…

La salle s’est peuplée lentement, par les soutiens familiaux génétiquement ou politiquement parlant, 11 femmes, 2 enfants et des hommes en nombre suffisant pour occuper la quarantaine de chaises encombrant la petite salle des tulipes de Gonesse.

Un rassemblement à considérer en regard de l’annonce qui avait été faite quelques jours plus tôt dans LeParisien (Le 7 février 2020 à 18h34) et du soutien de la liste citoyenne « Nous gonessiens », selon le même quotidien (Le 20 décembre 2019 à 19h12). Il me semble que ces parutions contiennent quelque imprécision, nous y reviendrons.

La réunion ayant été filmée, j’espérais trouver quelques extraits. A défaut, je me suis décidé à vous en faire un compte-rendu, dans un premier temps, puis à reprendre quelques points « à ma sauce ».
(màj du 11/03/2020 : je viens d’être informé par texto, le discours du 8 février est en ligne : https://youtu.be/eS-4fZuKIHs )

M. Ilhan Yildiz a pris rapidement le micro, dans l’axe de la caméra pour dérouler son discours…

Les quelques paragraphes qui suivent reprennent les propositions et sujets abordés, sous forme de compte-rendu. Si vous relevez une erreur, celle-ci est involontaire et je me ferais un plaisir de la corriger.


Le maire sortant

Quelques phrases pour évoquer sa position vis à vis du maire M. Jean-Pierre Blazy, sans agressivité ni reproche majeur, pour enchaîner sur l’affirmation que les gonessiens méritent une relève après les 25 ans de mandats. Selon M. Yildiz, en 2020 les gonnessiens doivent avoir un autre choix qu’un maire socialiste et un opposant lui-même socialiste : M. Cédric Sabouret.

Europacity

Cet avocat a ensuite fait quelques longs commentaires en détaillant les 3 principales erreurs qui -selon lui- ont conduit à l’échec du dossier Europacity : La piste de ski et ses prévisions illusoires de fréquentations (30 millions/an), l’absurdité d’une telle réalisation à proximité alors que les Alpes n’en manquent pas, air pur compris ; le dédain marqué à l’égard du premier ministre en visite à Gonesse, M. Edouard Philippe que le maire a refusé de rencontrer et enfin les défaillances juridiques du dossier et l’annulation de celui-ci. Selon le candidat les axes étaient autres : Europacity n’est qu’une petite part du Triangle de Gonesse (ZAC), pousser l’implication du rôle de l’Etat, revoir le plan local d’urbanisme et en ligne directrice allier écologie et intérêt général.

Préoccupations

Vient ensuite quelques retours sur ses discussions avec les gonnessiens, des craintes à demi masquées et récurrentes, une angoisse de disparition de la société française. Cela expliquerait que le Rassemblement National soit -toujours selon lui- le premier parti politique sur Gonesse. Autre préoccupation : « La disparition de la culture de nos parents », il faudrait trouver une voie républicaine pour répondre à ses craintes. La lutte contre le communautarisme est un autre sujet d’importance.

Golf

Il fait ensuite un triple constat sur le golf pour lequel les gonessiens n’ont pas d’engouement, avec une situation financière fragile et qui reste difficile d’accès quand on ne joue pas au golf. La ville n’ayant pas de parc urbain, sa proposition est d’en faire un avec parcours de sport, aire de pic-nique et aire de jeux. Il faut ajouter à cela l’ouverture d’un autre golf, plus grand et plus moderne à proximité.

Centre ville

Re-dynamiser le centre ville, avec une brasserie à la place du parking place du Général de Gaulle, avec terrasse pour que les habitants se retrouvent, refassent une unité, cela permettrait de luter contre le racisme et le communautarisme, redonner du patriotisme et inciterait à être fidèle à la république.

Ecole

Autre proposition : une cantine scolaire à 1 euro pour tous sans conditions, pour prendre en charge les enfants. La mise en application se ferait par paliers. Il en estime le coût à 1,3 millions d’euros, pour le financement il propose de revenir à une semaine scolaire à 4 jours, une économie d’environ 900.000 euros selon son estimation.

Mettre en place une maison des études (ndlr : aussi dénommé maison des examens), éventuellement cloisonnée entre enfants et adultes, équipées pour la révision des examens. Idéalement placée au centre de la ville, ou près de la gare de RER, peut-être en plusieurs locaux.

Sécurité

Gonesse est une ville qui n’est ni dangereuse ni en pleine sécurité, il existe des civilités et de la délinquance. Des discussions lui auraient permis de comprendre où le bas blesse pour le recrutement de policiers municipaux : des gilets pare-balle mais pas d’armement. La police municipale doit être en mesure d’assurer sa propre sécurité ; ce serait leur premier critère dans le choix d’une ville. Il propose un armement avec caméras portatives, ces dernières permettraient d’entamer poursuites plus facilement.

Le candidat conclue son discours en affirmant qu’il ne propose ni la déconstruction ni la rupture ni la revanche.

Il s’en suit une série de questions-réponses.

Q : Comment inciter les investissements sur Gonesse ?

R : Il y a un risque de transformation en ville dortoir, après la construction d’habitats. La communauté de communes joue un rôle. Construire des locaux avantageux et équipés. Inciter les entreprises à ne pas avoir de restaurants d’entreprise par exemple pour inciter une consommation locale. Mettre une place une école de l’entrepreneuriat.

Q: Transports et bus ?

R : Des lignes ont été supprimées, cf. communauté de communes. Mieux desservir, développer des solutions existantes et de nouvelles, des navettes de proximités.

Q : la ville gère mal les locaux, la pharmacie (ndlr : ou laboratoire médical) du centre ville est trop petite

R : La mairie peut exercer le droit de préemption avec vigilance, il s’agit cependant de contrats entre acteurs privés.

Q : Quel coût pour le golf ?

R : Des discussions sont à mener, les projets peuvent aller de 2 à 10 millions ou plus, il y a un contrat de délégation avec l’exploitant et la mairie subventionne. Le budget de réaménagement serait de 4 millions d’euros, il y aurait un coût d’entretien également mais plus faible.

Q : Biodiversité ?

R : Il y a un impératif écologique, à concilier avec l’activité humaine. A débattre.

Q : (ndlr : d’une assistante maternelle ?) Il manque des aires de jeux pour les petits.

R : En créer partout, pas n’importe où, certaines aires sont mal placées.

Q ; Le lycée STL n’est pas mis en valeur, il y a des problèmes d’insécurités aux abords.

R : La police municipale doit être présente. Mise en place de brigades par secteur, avec un roulement pour une meilleure connaissance du terrain, donc également une augmentation des effectifs.

Q : Où serait la maison des examens ?

R : Il faudrait trouver une localisation intermédiaire Nord / Sud, avec un créneau d’ouverture étendu (9h – 22h par exemple).

Les échanges ont pris fin vers 14h20, un buffet attendait les participants.


Après avoir sagement écouté le discours puis les débats, je me suis fait quelques réflexions, qui sait si j’aurai l’occasion de les transmettre, En voici quelques unes :

Tout d’abord l’imprécision évoquée plus haut : le maire dit ne plus être socialiste, il l’a été mais le l’est plus.

Communautarisme ?

On trouve plusieurs définitions parfois dissonantes, je me contenterai de :

Tendance à privilégier la place des communautés dans l’organisation sociale (Linternaute.fr)

ou

Tendance du multiculturalisme américain qui met l’accent sur la fonction sociale des organisations communautaires (ethniques, religieuses, sexuelles, etc.) (Larousse)

Pour qu’il y a communautarisme, il faut un élément commun comme une religion ou une culture. En fait au moins deux pour que les problèmes apparaissent, géographiquement jointes. C’est là que je note une incohérence, lutter contre ce fléau et vouloir soutenir « la culture de nos parents », ce qui semble désigner une culture importée, donc pas française. De là à supposer que ce candidat est pour le multi-culturalisme, à la mode ces temps-ci, il n’y a pas loin :

…c’est la diversité qui fait la richesse de notre ville… (muni2020.fr)

peut-on lire sur le site (officiel via LaREM) du candidat.

L’avenir du terrain de golf

Vivant à coté, je peux affirmer que ce sont des voisins très calmes, je ne saurai dire s’ils consomment beaucoup de pesticides ou pas, mais pour avoir vu passer un blaireau et un écureuil roux dans mon jardin, sans compter plusieurs espèces peu communes d’oiseaux, le golf a des aspects écologiques certains : de l’espace, du calme et peu de visiteurs.

Maintenant que je connais la définition d’un parc urbain, j’imagine, beaucoup plus bruyant, pas mal de voitures (vous ne croyez quand même pas que les habitants vont y venir à pied ?) un parc plus urbain que parc, et surement moins de verdure au sol ; quant à la sécurité tant à l’intérieur qu’aux abords… Le futur repère des bandes de quartier ? Rodéos ? quoi imaginer ?

Il faut reconnaître que l’ouverture d’un autre golf à quelques kilomètres ne va pas arranger sa situation financière, nous verrons.

Centre ville

N’y allant que rarement je connais mal, mais j’imagine qu’il doit y avoir un bar, un restaurant ou plusieurs restaurations rapides, quelques cafés peut-être. Quid des commerces locaux en concurrence avec une nouvelle brasserie-terrasse ? Un parking en centre ville, près de la mairie et du commissariat ne me paraît pas inutile, peut-on « pousser » les places de stationnement plus loin ? Bien que je me méfie des architectes urbains, j’aimerai quelques avis éclairés sur cette idée.

La sécurité m’importe assez, même beaucoup (avec l’âge) mais les autres sujets ne m’inspirent pas, ni en bon ni en critiques négatives, je laisse les autres candidats faire leur travail, qu’ils s’expriment et développent leurs propositions, leurs arguments etc. Il serait temps.

The following two tabs change content below.